Cycle 2 – Heroines – Parthenope
Description
“For whatever we lose (like a you or a me)
it’s always ourselves we find in the sea.”
— E. E. Cummings
Parthenope est née en pleine pandémie, d’une invitation de la Monteoliveto Gallery à Naples.
Privée de voyages et d’expositions physiques, la galerie proposait aux artistes d’imaginer la ville à partir d’un texte, sans images — comme un territoire à rêver plutôt qu’à décrire.
À partir d’un extrait du récit Et si on restait ? de Gilbert Ciervo, évoquant notamment le Castel dell’Ovo, j’ai été invitée à imaginer Naples. Je ne la connaissais alors que de réputation. Il fallait pourtant en saisir l’âme.
Au cœur du Castel dell’Ovo vit la légende de Parthénope, la sirène dont le corps, rejeté par la mer après sa défaite face à Ulysse, aurait été recueilli par les habitants. Honorée comme une figure tutélaire, elle donna son nom à l’ancienne cité grecque. Naples demeure encore aujourd’hui profondément liée à cette figure — ville-sirène, magnétique et indomptable.
Dans cette œuvre, Parthenope devient une présence intérieure.
Son corps semble contenir la mer ; ses cheveux se déploient comme un paysage mental où se mêlent architecture, mythologie, mémoire et végétation. Le Castel dell’Ovo y apparaît fragmenté, intégré au flux organique du dessin. Naples devient un espace intime, rêvé autant que géographique.
Le bleu — rare, presque secret — agit comme une respiration au cœur du noir et blanc.
Les feuilles d’or évoquent la lumière du sud autant que la dimension sacrée du mythe.
Présentée pour la première fois dans l’exposition Napoli… Imaginée (2021), l’œuvre a ensuite été montrée à Naples à la Bicycle House (Galleria Principe 27-28), ainsi que dans le cadre du projet « Mad for Naples and for Somma Vesuvio ». Elle a également participé au 1er Prix Salamander organisé par la Monteoliveto Gallery.
Si elle répondait à un cadre précis, Parthenope est devenue une exploration plus personnelle : celle du mythe comme miroir.
Car, comme l’écrit E. E. Cummings, dans ce que nous perdons — un lieu, un visage, une certitude — c’est souvent nous-mêmes que nous retrouvons dans la mer.
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