Cycle 1 – Organs – Kintsugi
Description
J’ai toujours beaucoup étudié.
Apprendre est une nécessité profonde chez moi : lire, comprendre, interroger, relier.
Si la maladie n’avait pas traversé ma vie, je crois que je me serais perdue quelque part, au fond d’une bibliothèque universitaire, ensevelie sous des piles de livres.
Cette œuvre a été dessinée dans mon lit.
À cette époque, j’étais inscrite en faculté de psychologie à distance.
J’étais déjà malade, déjà handicapée par le syndrome d’Ehlers-Danlos, et maman d’une petite fille de deux ans.
Malgré la douleur et la fatigue, j’aimais éprouver mon esprit, le mettre à l’épreuve, nourrir cette part de moi qui pense, analyse, relie.
Jusqu’au jour où quelque chose a changé.
Ce qui avait toujours été fluide est devenu laborieux.
Penser me demandait un effort immense.
Mon corps était brisé — je pouvais encore m’en accommoder.
Mais lorsque mon cerveau a commencé à me faire défaut, j’ai eu le sentiment de perdre une part essentielle de mon identité.
Le corps était brisé.
L’esprit aussi.
Que restait-il alors de moi ?
Cette œuvre est née de cette question.
Elle ne cherche pas à réparer invisiblement, mais à montrer les fractures, à en faire des lignes de force, à transformer la faille en langage.
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